Recharger l’avenir, la mobilité réinventée, découvrez le podcast sur les enjeux de la mobilité durable
La transition vers les énergies renouvelables entraîne une hausse des véhicules électriques. Cette évolution de la mobilité durable soulève des défis techniques, réglementaires ainsi que de nouveaux risques. Olivier Douard, responsable prévention dommages aux biens chez SMABTP, fait le point pour les rendez-vous de la matière par FORMAE.
La transition vers les énergies renouvelables entraîne une hausse des véhicules électriques. Cette évolution de la mobilité durable soulève des défis techniques, réglementaires ainsi que de nouveaux risques. Olivier Douard, responsable prévention dommages aux biens chez SMABTP, fait le point pour les rendez-vous de la matière par FORMAE.
La volonté d’abandonner progressivement les énergies fossiles au profit des énergies renouvelables a fait bondir le parc de véhicules électriques en France : de 102 en 2010, il est passé à 1,3 million en 2024. Cette mobilité durable soulève enjeux techniques et nouveaux risques, où la prévention est essentielle. Dans le podcast Recharger l’avenir, la mobilité réinventée, Olivier Douard, responsable prévention dommages aux biens chez SMABTP, analyse les impacts des véhicules électriques dans les logements individuels et les copropriétés et explique les bonnes pratiques à mettre en place.
Un marché des véhicules électriques en plein essor…
L’essor du véhicule électrique est bien là ! Et il va aller crescendo avec l’objectif à horizon 2030, d’atteindre 15 % de véhicules électriques dans le parc total, soit environ 6 millions de véhicules.
…qui va de pair avec la hausse des points de recharge
Le développement des véhicules électriques s’accompagne de celui des bornes de recharge électrique. Aujourd’hui la France compte 2,5 millions de points de recharge répartis chez les particuliers (maisons individuelles et copropriété) pour 55 %, dans les entreprises (38 %) et à peine
7 % dans les espaces publics. La volonté est d’augmenter ces points de charge à 7 millions d’ici 2030 - 2035.
Vers une sinistralité de plus en plus importante…
Même si le nombre de sinistres incendie reste assez faible s’agissant d’un parc encore neuf, les études montrent qu’il y a une nette progression des départs d’incendie sur les véhicules électriques et hybrides. En 2024, on enregistre une augmentation de + 34 % des incendies impliquant des véhicules électriques en Europe (source EFFIS).
… aux conséquences parfois très graves
En effet, l’incendie d’un véhicule électrique représente une gestion plus complexe pour les services de secours : le temps d’intervention est plus élevé (150 minutes en moyenne vs 28 minutes pour un véhicule thermique), il se fait souvent dans un milieu confiné (parking) et peut causer d’importants dommages aux personnes et aux biens. En outre, ce type d’incendie nécessite des techniques spécifiques.
Outre les voitures, les incendies concernent aussi les autres engins électriques comme les vélos, les trottinettes ou encore les hoverboards.
Comment conjuguer respect de la réglementation et prévention des risques ?
Une réglementation contraignante
La réglementation a beaucoup évolué depuis 2008, date à laquelle l’Union européenne s’est engagée à abandonner progressivement les énergies fossiles au profit des énergies renouvelables. Plusieurs lois sont entrées en vigueur tendant vers l’objectif donné par l’Europe d’arrêter la vente des voitures thermiques en 2035, obligeant ainsi tout l’écosystème (aménageurs, promoteurs, architectes, opérateurs, installateurs, électriciens…) à prendre en considération cette nouvelle technologie.
C’est le cas de la loi d’Orientation sur les Mobilités (LOM) qui oblige notamment, le déploiement de la recharge électrique. Cette obligation concerne les parkings des entreprises, les parkings publics et les parkings des copropriétés.
Pour les parkings des entreprises existants, il faut installer une borne pour 20 emplacements. Pour les neufs, c’est une borne pour 10 emplacements.
Dans les parkings publics, la Loi oblige à mettre en place une borne de recharge pour 20 places et uniquement en RdC et niveau -1, assortie de mesures de lutte contre l’incendie.
Enfin, dans les parkings des copropriétés, il y a lieu d’installer une borne pour 10 emplacements avec en outre une spécificité : le droit à la prise qui permet à tout occupant disposant d’une place privative dans un parking clos et couvert le droit de demander l’installation d’une borne IRVE à ses frais.
Quelles sont les bonnes pratiques à mettre en place pour lutter contre le risque d’incendie ?
Après une explication technique sur le fonctionnement des batteries et sur le phénomène de l’emballement thermique, Olivier Douard énonce toute une série de pratiques à respecter. Avant tout, il rappelle que la Loi exige de faire appel à un installateur certifié. En effet, une installation > 3,7 kW doit être réalisée par un professionnel certifié IRVE, avec une qualification délivrée par Qualifelec, Qualit’EnR ou AFNOR. Cette obligation de qualification concerne aussi les professionnels réalisant des études de conception électrique d’une IRVE.
Pour lutter contre le risque d’incendie, il faut également mettre en place quelques bons usages qui diffèrent selon l’implantation de la borne. Les règles ne sont pas les mêmes qu’il s’agisse d’un parc extérieur ou d’un parking souterrain. Moyens de lutte contre l’incendie, entretien des bornes, compartimentage, détection et extinction des incendies, accessibilité des secours… sont quelques-unes des mesures à prendre en compte.
Enfin, il faut saluer le projet inédit SPARKLE porté par quatre acteurs de référence : Inéris, CITCM, Efectis France et CNPP et qui vise à développer une méthodologie nationale standardisée pour caractériser les feux de véhicules récents dans les parkings souterrains.
