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| Les faits, la réalisation des travaux |
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 | Pour la réalisation du plancher chauffant de la maison de M et Me Leroy, plusieurs artisans se succèdent. Le maçon pose les poutrelles puis les entrevous du plancher avant le coulage de la dalle de compression. Par la suite, les gaines protégeant les fils desservant les points lumineux sont disposées sur la dalle puis noyées dans un ravoirage en sable. C’est alors qu’intervient l’électricien qui pose les panneaux d’isolation thermique puis les câbles chauffants.
Le carreleur coule enfin une chape en béton sur laquelle il colle les carreaux.
Monsieur et Madame Leroy prennent possession de leur maison et mettent bien sûr en service le plancher chauffant dès le premier hiver. Progressivement, le carrelage se déforme, fait des vagues. Des fissures s’ouvrent au fond des vagues et dans les angles que forme la chape. Des "jours" apparaissent au niveau des plinthes.
Les sinistres de cette nature sont fréquents lorsque la chape d’enrobage de l’émetteur de chaleur a été formulée avec du ciment. Les planchers rayonnants électriques sont donc les plus souvent touchés puisqu’ils ne peuvent être enrobés qu’avec des chapes en ciment
Comment expliquer de tels désordres ?
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 | L’expert désigné par l’assureur réunit les intervenants. Plusieurs hypothèses sont émises :
- le plancher a pu fléchir ;
- la dalle de compression manquait de planéité lorsque les panneaux isolants ont été mis en place. Le poids de la chape a pu à la longue faire se déformer l’isolant. Le revêtement de sol a suivi ;
- l’isolant manque de résistance, s’est affaissé sous la charge.
Fort de son expérience, l’expert explique aux protagonistes que ces interprétations ne peuvent être retenues. En effet, des sinistres de cette nature apparaissent lorsque le support des panneaux est constitué d’un dallage ne pouvant pas fléchir.
De plus, la déformation des panneaux isolants, si elle doit se produire sous le poids de la chape, ne peut être qu’immédiate. Or les occupants ne se manifestent en général qu’au bout de plusieurs années. Enfin, un sondage va révéler que l’isolant choisi, de type polyuréthane, est de bonne densité.
C’est le retrait de la chape qui est à l’origine des désordres. Avec son retrait, la chape ondule et provoque l’écrasement de l’isolant. Au contraire, et un carottage le met en évidence, un vide apparaît entre la surface de l’isolant et la sous face du mortier de pose au droit d’une bosse.
L’expert explique aussi à ses interlocuteurs que la chape se dilate lors de sa mise en chauffe ce qui ne peut qu’aggraver la pathologie.
La réparation est onéreuse, il va falloir reprendre le chantier en totalité. Les meubles de cuisine et de salle de bains doivent être démontés. Les occupants vont devoir déménager. La dépense globale atteint en général 25 à 30 000 € pour une maison individuelle de 120 m².
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| Ce qu’il aurait fallu faire
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 | La prévention de tels sinistres passent par la maîtrise du retrait de la chape. Il convient pour ce faire de ménager des joints de fractionnement, au plus tous les 8 mètres, et limiter les surfaces entre joints à 40m². Ces joints doivent être ménagés au droit des seuils de portes. Les éléments chauffants ne doivent pas franchir ces joints. La chape doit être armée. Les angles dits rentrants doivent être évités. Ils sont source de fissuration.
Il demeure évident que le plancher support doit avoir une bonne planéité gage de la régularité de l’épaisseur de la chape et de l’appui satisfaisant des panneaux. Enfin, bien sur, les panneaux isolants devront être adaptés à l’emploi qui en est fait et donc avoir une bonne densité.
La connaissance précise des règles de l’art et une parfaite coordination entre le maçon, le chauffagiste et le carreleur s’imposent.
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 | La réalisation de sondages est nécessaire si l’on veut bien analyser ce type de pathologie. La mesure de l’épaisseur de la chape permet d’apprécier la planéité du plancher support. L’isolant prélevé pourra faire l’objet de tests de compressibilité en laboratoire.
L’expert pourra alors apprécier l’influence des différents facteurs qui ont pu contribuer à l’apparition des désordres et donner un avis sur les responsabilités.
Un manque de fractionnement de la chape conduira à rechercher le carreleur en charge de sa mise en oeuvre, essentiellement. C’est l’élément majeur dans ce type de pathologie.
D’autres facteurs tels que ceux cités plus avant engageront la responsabilité de l’électricien voire plus rarement du maçon.
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En savoir plus  |
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> Les textes à consulter sont nombreux. Citons les principaux :
- Les DTU 52.1 et 26.2/52.1 relatifs aux travaux de carrelage scellés sur chape flottante
- Les Avis Technique rédigés pour les chapes non traditionnelles
- Le Cahier des Prescriptions Techniques rédigé pour le chauffage par plancher rayonnant électrique
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