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Accueil /Prévention /Pratique : zoom sur un sinistre
Zoom sur un sinistre
Plancher trop souple… ça grince !
On dit que le silence est d’or. Ce dicton se vérifie, à coup sûr, lorsqu’un plancher en bois tout fraîchement posé se met à grincer au moindre pas. Simple gêne ou défaut de pose ? L’expert doit trancher.
Les faits
Les ouvrages réalisés
Les investigations de l’expert
Le diagnostic
Ce qu’il fallait faire
Responsabilité et conseil de prévention
Les faits
Les époux X ont fait construire un pavillon avec 2 chambres en combles. Peu de temps après la réception des travaux, le plancher en bois des combles se met à grincer lorsque les parents passent sur le palier, ce qui réveille systématiquement leur bébé qui dort dans sa chambre. Quelques fissurent affectent aussi le plafond en plaques de plâtre en sous face du plancher ainsi que les cloisons alvéolaires en plaques de plâtre reposant sur ce plancher. Inquiets, les époux X adressent une déclaration de sinistre à l’assureur "dommages ouvrage".
Les ouvrages réalisés
La charpente en fermettes, à entraxes de 60cm, repose sur les murs de façade en maçonnerie de parpaings creux sans appui intermédiaire. Le plancher repose sur les entraits des fermettes avec interposition d’un matériau résilient type Phaltex. Il est constitué de panneaux de particules CTB.S de 22mm d’épaisseur, assemblés entre eux par rainures et languettes et posés sur 3 appuis, perpendiculairement aux fermettes. Ils sont vissés sur les entraits. Le maître d’ouvrage a placé dessus un revêtement de sol souple de polyvinyle, en pose libre.
Les investigations de l’expert
Suspectant une flexion excessive du plancher l’expert missionné par l’assureur "dommages ouvrage" vérifie tout d’abord sa planimétrie avec un cordeau tendu à raz du revêtement de sol, sur toute la largeur accessible du plancher, parallèlement aux fermettes. La flèche n’est que de 2 à 3 millimètres, parfaitement dans les tolérances admises.

L’expert procède ensuite à un sondage en plafond du rez-de-chaussée en ménageant une ouverture sous la zone des grincements principaux et des fissurations. Et là, tout s’explique.
Le diagnostic
Plusieurs causes expliquent les désordres constatés en plancher :
- les panneaux de plancher fléchissent excessivement, parce qu’ils sont un peu trop minces et donc trop souples
- les petits cotés des panneaux ne reposent pas sur des appuis.

De ce fait, lorsque l’on pose le pied au droit de cet assemblage, les panneaux fléchissent un peu, et l’assemblage s’ouvre légèrement en faisant coulisser la languette dans la rainure. L’assemblage se referme ensuite lorsque l’on enlève son pied et la languette se déplace à nouveau. Cela suffit pour générer le grincement entendu.

Les fissurations affectant les cloisons et le plafond sont sans rapport avec le désordre de plancher. Elles sont dues à des défauts d’exécution des joints entre plaques de plâtre et à des défauts de continuité de l’ossature secondaire en plafond.
Ce qu’il fallait faire
Pour éviter que le plancher ne grince il fallait :

- Limiter la flexion des panneaux de particules du plancher entre appuis en utilisant des panneaux plus résistants : soit des CTB.S de 25mm, soit des CTB.H de 22mm. (à vérifier auprès des fournisseurs). Avec assemblages entre panneaux par rainures et languettes ;
- Poser les panneaux perpendiculairement aux appuis, et sur au moins trois. Sauf très petites surfaces aux extrémités ;
- Poser les panneaux de telle sorte que tous les petits cotés des panneaux reposent sur un appui. Ceci peut nécessiter l’ajout d’entretoises entre les entraits ou bien une recoupe des panneaux et le façonnage de rainure sur chantier partout où l’entraxe des fermettes diffère des 60cm standards. C’est le cas, par exemple, au droit des trémies d’escalier comme ici ;
- La présence du matériau résilient sur les entraits ne peut pas prévenir ce type de grincement.
Responsabilité et conseil de prévention
Le constructeur et son sous-traitant sont concernés. L’artisan, bien sur, en raison de l’erreur commise dans le choix des panneaux et de leur mauvaise mise en œuvre. Mais le constructeur qui assume la maîtrise d’œuvre est aussi impliqué car il devait d’abord faire des préconisations appropriées et ensuite il devait contrôler sur chantier qu’elles étaient respectées et que la mise en œuvre était conforme aux règles de l’art.

Tout professionnel compétent se doit d’investir dans l’achat des DTU concernant son corps d’état et de les respecter scrupuleusement. En l’occurrence il s’agit de la NF P 63-203-1 (DTU 51.3) Planchers en bois ou en panneaux à base de bois.
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