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Accueil /Prévention /Pratique : zoom sur un sinistre
Zoom sur un sinistre
Des cuvettes suspendues sur la sellette
Trois ans après leur installation, les cuvettes suspendues des quatre sanitaires d’une salle d’activité polyvalente présentent des signes inquiétants d’affaissement avec rupture des faïences dans la zone basse de la paroi d’adossement. Le plombier, installateur des sanitaires, est mis en cause. A qui la faute ?
Les faits
Le diagnostic
Ce qu’il aurait fallu faire
Qui est responsable ?
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> Consultez les normes DTU sur les ouvrages en plaques de plâtre à parement cartonné (DTU 25.41) et les sites Internet ou les documentations des fabricants de plaques de plâtre et d’appareils sanitaires
Les faits
Dans le cadre d’une opération de construction d’une salle polyvalente communale, destinée entre autres aux assemblées et repas des associations locales, le Maître d’ouvrage a retenu la réalisation de sanitaires à cuvettes suspendues. Ce type d’installation, outre son côté esthétique, présente surtout des facilités d’entretien du sol et donc des conditions d’hygiène accrues.

Après quelques années, les utilisateurs constatent avec inquiétude, que les cuvettes se décollent de la paroi, que la base de celle-ci est enfoncée avec rupture des carreaux de faïences. A titre de précaution, les sanitaires sont condamnés et un Expert intervient.
Le diagnostic
Lors de l’Expertise, un sondage est effectué dans la paroi après démontage d’une cuvette. Il est constaté que la paroi en plaques de plâtre cartonnées passe devant le bâti support du réservoir de chasse du sanitaire, en ménageant un espace de l’ordre de 70 mm entre l’arrière de la plaque de plâtre et le bâti. Les plaques de plâtre auraient du être contre le bâti sur laquelle la partie basse de la cuvette vient s’appuyer.

Dans la configuration réalisée, les plaques de plâtre s’opposent seules à l’effort d’enfoncement dû au bras de levier que produit le porte à faux de la cuvette lors de son utilisation. Bien que les montants de la cloison aient été rapprochés à 40 mm dans la zone d’appui, les plaques de plâtre ne peuvent résister à l’effort de fléchissement les sollicitant ce qui entraîne l’enfoncement de la paroi en partie basse. L’espace de 70 mm provoque en outre un porte à faux accru sur les tiges filetées de fixation de la cuvette, porte à faux contribuant d’autant à la déstabilisation complète du système.

Aucune sujétion d’ordre technique n’explique cette anomalie de position de la paroi. Il y a là seulement méconnaissance des notices de pose fabricants.
Ce qu’il aurait fallu faire
La mise en œuvre des ouvrages en plaques de plâtre à parement cartonné relève du DTU 25.41 (NFP 72-203). Ce texte précise qu’en cas d’application de charges excentrées introduisant un moment de renversement, l’ossature doit être renforcée en conséquence. Par ailleurs, il est impératif de connaître et de respecter les stipulations des fabricants concernant le choix et la mise en œuvre de leurs produits. Il aurait ainsi été vu que les plaques de plâtre doivent être plaquées sur l’ossature du bâti réservoir, ce dernier se substituant localement à l’ossature de la cloison en en constituant, de fait, le renfort visé par le DTU 25.41.
Qui est responsable ?
Lors de la construction, le plombier met en place les bâtis supports avec réservoir incorporés en les chevillant à la dalle béton. Puis, le plâtrier réalise la paroi d’adossement, et le plombier, après faïence revient poser les cuvettes en les boulonnant sur les tiges filetées en attente au travers de la paroi. La coordination et le dialogue technique entre les entreprises sont impératifs dans ce type de réalisation impliquant des métiers différents faute de quoi le sinistre est inévitable.

Dans le cas présent, la responsabilité du plâtrier et du plombier seront équivalentes pour ce sinistre d’un coût de l’ordre de 3000 € HT qui a nécessité la réfection complète des faïences et la mise en place de plaques de compensation en matériau dur pour éviter le démontage de tous les bâtis support des réservoirs et de la cloison d’adossement complète.