Le propriétaire d’une maison individuelle constate un jour qu’une ardoise située au faîtage de sa maison s’est cassée et que d’autres ont glissé. En examinant plus attentivement la couverture constituée d’ardoises en fibres-ciment, il découvre que d’autres ardoises sont cassées, et certaines simplement fissurées.
Il effectue alors une mise en cause du couvreur qui a réalisé la couverture quelques années plus tôt, et lui demande de déclarer ce sinistre à son assureur en garantie décennale.
L’expert désigné par l’assureur constate que les ardoises détériorées sont devenues bombées et donc très fragiles et qu’elles risquent de se casser lors d’une intervention sur la toiture. Le nombre limité d’ardoises endommagées ne nuit cependant pas à la solidité d’ensemble de la couverture.
> Consulter les fiches pathologie et illustration traitant du thème "toiture et charpente"
Le diagnostic de l'expert
Aucune infiltration d’eau n’a été observée dans le comble accessible : les pannes, chevrons et liteaux sont exempts de traces de coulures d’eau et ont un degré d’hygrométrie normal (12%).
Dans les parties aménagées du comble, la sous-face des ardoises n’est pas accessible mais aucune arrivée d’eau n’est visible.
Par ailleurs, comme aucune malfaçon n’est constatée, l’expert conclut au seul défaut de qualité intrinsèque des ardoises.
Garantie décennale ou pas ?
La fonction clos couvert continuant a être remplie, les désordres constatés n’ont pas un caractère de gravité suffisant pour permettre de retenir la garantie décennale du couvreur qui a réalisé la toiture, il y a presque 10 ans.
Il est quasi certain que les ardoises continueront à se détériorer avec le temps, mais il est impossible de donner un délai précis au terme duquel les désordres futurs auront pour conséquence de rendre la toiture fuyarde et donc impropre à sa destination. Le caractère décennal du désordre n’ayant pas été retenu : il appartient au propriétaire de supporter les frais de remise en état de sa toiture.
La fragilité actuelle des ardoises bombées va augmenter le coût de la réparation puisqu’il faudra prévoir aussi le remplacement des ardoises qui seront cassées pendant l’intervention.
Conseils de prévention
Il est recommandé de n’utiliser que des matériaux de qualité disposant d’un avis technique délivré par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) et se conformer aux normes applicables.
La longévité de la couverture dépend aussi d’un entretien régulier et approfondi qui consiste principalement à :
- éviter et retirer la mousse sur la toiture,
- vérifier le fonctionnement des évacuations d’eaux pluviales,
- maintenir en bon état les ouvrages accessoires tels que solives, souches de cheminée…,
- examiner l’état des supports de la couverture,
- contrôler la ventilation en sous face des ardoises.
L’usage normal implique, enfin, une circulation sur la toiture réduite aux seuls entretiens définis ci-dessus et aux travaux annexes (fumisterie, pose d’antennes…).
Dans certains cas, des équipements spéciaux et adaptés sont nécessaires pour éviter les risques de chute ou de détériorer les ardoises (interposition d’échelles plates, port de chaussures spéciales…). Si la résistance mécanique de la toiture est menacée par la fragilisation excessive des éléments, toute circulation devra être proscrite sur la couverture.