Quelques mois après son entrée dans les lieux, l’occupant d’un logement neuf constate l’apparition de fines fissures en étoile sur la peinture en plafond de ses locaux.
Avec le temps, la fissuration évolue, en taille et en densité, laissant craindre un écaillage généralisé du revêtement et un décollement de l’enduit.
L’occupant met en jeu la responsabilité de l’entrepreneur qui a exécuté les travaux de peinture. Celui-ci déclare le sinistre à son assurance.
Les investigations de l’expert permettent de mettre en avant des délais trop courts entre les travaux de gros-œuvre et les travaux de peinture.
Les produits (enduits et peintures) ont été appliqués avec une consommation normale (les surépaisseurs au niveau des passes d’enduit sont préjudiciables au bon comportement de ce dernier) mais il apparaît que les désordres constatés sont le résultat d’une application des produits de peinture sur un support trop humide. Cette humidité correspond à l’eau résiduelle du gâchage du béton. Des examens effectués en laboratoires viennent confirmer le diagnostic de l’expert.
Les travaux ayant été effectués en période hivernale, l’eau résiduelle du gâchage des dalles, ainsi que celle provenant du carrelage du sol béton sur ces dalles, n’a pas eu le temps de s’évacuer suffisamment.
Les revêtements posés sur la partie supérieure des dalles ont contribué à freiner le départ de l’humidité. Dès lors, on a assisté, aggravé par le phénomène gravitaire, à une poussée de l’humidité sur la face lisse de la prédalle (plafond) lors de la mise en chauffe des locaux.
Des facteurs aggravants, comme une mauvaise ventilation des locaux, leur occupation excessive et l’absence d’ouverture dans certaines pièces aveugles ont pu favoriser la stagnation d’humidité à l’origine des désordres.
Qui est responsable ?
L’entreprise de peinture est sensée avoir réceptionné le support sur lequel elle doit mettre en œuvre sa peinture : elle est donc responsable des dommages relevés sur ses travaux et doit en supporter les conséquences financières.
La jurisprudence actuelle des tribunaux considérant que les travaux de peinture ne peuvent être assimilés à la réalisation d’un ouvrage au sens de la loi du 4 janvier 1978, ce n’est ni au titre de la garantie décennale, ni au titre de la garantie de bon fonctionnement, mais au titre de sa responsabilité contractuelle que l’entreprise devra répondre de ses obligations.
Conseil de prévention
La difficulté pour le peintre réside dans l’appréciation du taux d’humidité à cœur du rapport. En effet, les humidimètres classiques mesurent l’humidité de surface mais celle-ci peut, dans certains cas, être réduite alors que la masse du subjectile contient encore un excès d’eau.
En matière d’humidité et de séchage du subjectile : il faut respecter et faire respecter la norme NFP 74-201 (DTU 59.1) (taux maximum d’humidité autorisé de 5% avant mise en peinture, ce qui peut exiger plusieurs semaines).
Plus que le chauffage, c’est une ventilation efficace des locaux qui permettra d’accélérer le séchage de la dalle.
Il faut vérifier si le béton a reçu une impression (obligatoire) avant enduisage.
Il faut enduire de façon le plus pelliculaire possible.
Il faut choisir, si possible, des produits sous tension : dispersions vinyliques ou acryliques, peintures à solvant isoparaffinique ou huiles chaulées.
Bien vérifier la propreté du subjectile et, en particulier, l’absence de résidus d’huile de démoulage.