 | Ce matériau à base de terre n’est pas nouveau mais sa technique de mise en œuvre s’est un peu perdue avec l’arrivée des produits manufacturés modernes. Une nouvelle demande pour des produits biologiques et naturellement isolants se développe pourtant de plus en plus et ce type de matériau est amené à réapparaître sur des chantiers autres que les seules restructurations de bâtis anciens. |
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 | Le constat |
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 | Une entreprise locale a été sollicitée pour restaurer le bâtiment d’un ancien corps de ferme.
Il s’agit d’une bâtisse en colombages avec du torchis en remplissage. Le client souhaitait que la restauration intègre les mêmes matériaux en conservant les bois apparents. Les torchis existants étaient trop dégradés pour pouvoir être conservés lors de ces travaux. Compte tenu d’une absence de protection efficace pendant de longues années, l’ossature bois était également dégradée et plusieurs pièces ont dû être remplacées par des bois neufs. L’entreprise est donc intervenue dans ce contexte, en appliquant un torchis entre une ossature complètement restaurée.
Les Faits
Deux hivers seulement après la mise en œuvre de torchis entre les colombages d’une ancienne ferme les premiers dommages sont apparus sous deux formes différentes :
- des fissures de décollements dans l’épaisseur des panneaux de remplissage se sont développées notamment en rive. Les parties atteintes sonnent le creux,
- une fissuration anarchique de l’enduit de finition semblable à un faïençage est perceptible sur la façade sud.
Le Torchis, cet Ancêtre un Peu Oublié
Les exigences de confort et les contraintes d’exploitation anciennes ne sont pas toujours conciliables avec les standards modernes. Les besoins en termes d’étanchéité ne sont pas les mêmes (présence d’équipements sensibles à l’humidité tels que plaques de plâtre) et les modes de chauffages sont également bien différents. Il ne faut pas oublier non plus l’évolution des critères esthétiques. En effet, si auparavant l’ensemble était souvent recouvert d’un parement protecteur avec des clins en bois, aujourd’hui les maîtres d’ouvrages préfèrent souvent des colombages apparents à l’intérieur comme à l’extérieur : difficile dans un tel cas de maintenir une étanchéité « parfaite » des parois !
Enfin, il faut bien le reconnaître, les règles d’application d’un tel produit restent pour l’essentiel orales, règles qui faute de pratique régulière et répandue se transmettent difficilement…
La mise en œuvre de ce type de produit nécessite pourtant une réelle expérience du produit et une bonne connaissance de ses limites pour l’adapter au mieux aux contraintes actuelles.
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 | Les premiers décollements ont eu lieu essentiellement près des angles formés par l’ossature en bois des colombages. L’enrobage du lattage a été insuffisant et la partie de torchis extérieure n’a pas été suffisamment liée à la partie intérieure pendant la mise en œuvre.
En séchant, les deux parties se sont partiellement séparées.
Cette lacune a été aggravée par deux phénomènes :
- une rétention d’eau sur des appuis bois saillants présentant des contre-pentes,
- l’insuffisance d’épaisseur de l’enduit protecteur.
Cette insuffisance d’enduit est aussi à l’origine du deuxième dommage précité, à savoir le faïençage de l’enduit : appliqué en épaisseur trop fine et sur un support trop frais, le retrait des matériaux s’est rapidement manifesté par un vaste réseau de fissures laissant même parfois apparaître les striures sur le torchis en dessous. Ce retrait a été bien sûr plus marqué sur la façade la plus exposée au sud.
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 | Que Fallait-il Faire ?
Le lattage doit être parfaitement stable et sans jeux notamment dans les angles. L’application doit se faire par petites surfaces simultanément côté extérieur et côté intérieur pour bien enrober les bois supports et rendre la paroi homogène de chaque côté.
Les rétentions d’eau sur les éléments saillants doivent être évitées. L’enduit doit être appliqué en plus fortes épaisseurs et maintenu par empochements à 45°dans le support en torchis, les simples striures ne suffisant pas à elles seules à assurer son maintien. Cet enduit ne peut être appliqué qu’après séchage complet du torchis (ce séchage peut être long suivant les conditions climatiques –jusqu’à 12 mois-).
Plus généralement, faute de Règles écrites officielles, il est important de se rapprocher du fournisseur des matériaux pour connaître plus précisément les règles d’application des différents matériaux fournis. Les conseils de mise en oeuvre, la durée maximale d’application, et les épaisseurs des produits y seront notamment recueillis.
Pour les premiers chantiers, une formation avec le fournisseur directement sur site apparaît indispensable.
L'expert conseil L. Drillet
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En savoir plus  |
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Cette technique étant de plus en plus prisée la littérature commence à s’étoffer.
Pour l’ouvrage le plus récent, nous pourrons citer :
> Michel Dewulf, Le torchis, mode d'emploi, Eyrolles, 2007.
> Article moins récent dans SYCODES n°42 de mai-juin 1997. |
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