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Accueil /Prévention /Pratique : le conseil qualité /Mauvaise étanchéité de souche de cheminée
PRATIQUE : LE CONSEIL QUALITE
Une mauvaise étanchéité de souche de cheminée

Deux affaires différentes pour un résultat similaire. Une souche de cheminée qui transpire, un appui de fenêtre qui habille l’extérieur mais qui, goutte à goutte, dégrade l’intérieur…
Comment peut-on éviter ces désagréments ?

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Dans les deux cas il s’agit d’ouvrages constitués de maçonneries destinées à rester apparentes. Une souche de cheminée en briques pleines pour le premier cas et un appui de fenêtre en pierres reconstituées et jointoyées dans le deuxième. La souche est posée en continuité d’une large cheminée également réalisée en briques pleines jointoyées au ciment installée en pignon dans le séjour du pavillon.

L’appui de fenêtre est posé directement sur une allège en maçonnerie classique de parpaings creux en béton. Les ouvrages étaient neufs de même que les matériaux utilisés. Les entreprises sollicitées sont des entreprises de maçonnerie ayant de bonnes références locales dans leur domaine d’activité.

Et pourtant ....

Peu de temps après la réception du pavillon, des traces blanchâtres sont apparues au niveau des joints de la cheminée à l’intérieur du pavillon. Ces traces se sont par la suite allongées sur toute la hauteur de la cheminée dans le séjour... Lors des épisodes les plus pluvieux, les propriétaires ont même pu filmer des ruissellements d’eau claire dans le séjour le long des parois de cette cheminée.

Les dommages sous l’appui de fenêtre se sont révélés plus discrets dans un premier temps. Quelques traces noirâtres sont apparues sur le doublage isolant l’allège en dessous. Peu à peu ces traces se sont accentuées pour finalement devenir d’importantes moisissures accompagnées de larges auréoles.

Le diagnostic
Les entreprises de maçonnerie et de couverture se sont dans un premier temps orientées vers un problème d’étanchéité du solin réalisé entre la souche maçonnée et la couverture. Ce solin refait avec soin, les coulures ne se sont pas arrêtées pour autant. Une expertise a donc été organisée pour tenter de comprendre le phénomène. Le maçon nous informe qu’il a jointoyé les briques avec un mortier hydrofuge. Le couronnement de la souche a été effectué par une dalle en béton armé ceinturé de briques avec des passages réduits aux seules évacuations des fumées. Sur place, nous remarquons une fissuration sous ce couronnement en brique et quelques microfissures au niveau des joints entre les briques. Ces joints apparaissent assez larges, de l’ordre du centimètre.

L’arrosage de la toiture et du solin n’a pas révélé d’infiltrations. Par contre, dès l’arrosage de la souche de cheminée, des infiltrations d’eau sont rapidement apparues à l’intérieur du séjour par les joints ciment entre les briques de la cheminée. Les écoulements se produisaient donc de l’intérieur du conduit de cheminée vers le séjour en y déposant les sels minéraux… L’eau s’infiltrait par la souche extérieure pour ressortir à l’intérieur par les joints.

Et les Traces d’humidité sous la fenêtre, même cause ?

Le constructeur avait évoqué un problème de chauffage de la chambre associé à un éventuel problème de ventilation. Les moisissures se développaient cependant sur des doublages isolants, ce qui ne constitue pas une partie froide où se déposent habituellement les éventuelles condensations.

Il y avait donc de toute évidence des venues d’eau au niveau de cette allège. A l’extérieur, l’enduit était parfaitement continu et sans fissuration.

Seule la dépose du doublage affecté sous cette fenêtre a permis de vérifier finalement le cheminement de l’eau. Toute la partie maçonnée directement située sous l’appui maçonné était effectivement gorgée d’eau.

Aucune étanchéité particulière n’était en place sous cet appui recomposé. Le défaut d’imperméabilisation de la maçonnerie était donc là aussi en cause.
Le conseil qualité
Que Fallait-il Faire ?

Les maçonneries jointoyées destinées à rester apparentes ne sont pas réputées imperméables. Malgré l’utilisation de mortiers hydrofugés, le retrait inévitable des joints conduit à la formation de microfissures qui permettent un passage de l’eau plus ou moins important selon l’épaisseur totale de la paroi. Ce phénomène est d’autant plus marqué que les joints sont larges ! En ce qui concerne la souche de cheminée, ce phénomène a été aggravé par la formation d’une fissuration plus importante sous le couronnement : une dalle béton par nature non isolée conduit effectivement à ce type de pathologie sous l’effet de leur simple dilatation. Si la maçonnerie doit impérativement rester apparente, la réalisation des joints à l’avancement conformément au DTU 24.2 (en réduisant notamment leur épaisseur, mortier refoulé sur deux faces, etc…) et le dressement d’un enduit intérieur peuvent réduire efficacement la perméabilité de la paroi. La réalisation de débords formant goutte d’eau au niveau du couronnement et la mise en œuvre d’un béton hydrofuge avec une forme de pente suffisamment importante réduit également le risque d’infiltration dans la souche.

Concernant les appuis de fenêtre, il existe des précautions à prendre pour éviter la propagation de l’eau vers l’intérieur. Le DTU 20.1 prévoit notamment la pose d’une membrane d’étanchéité sous ce type d’appui.


L'expert conseil L. Drillet
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NF DTU 20.1 P1-1.
NF DTU 24.1 P1.

Fiche pathologie B4 (Excellence SMA/AQC)