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PRATIQUE : LE CONSEIL QUALITE
Défauts de calfeutrement de menuiseries

Les occupants d’un appartement perçoivent des courants d’air froid à proximité des fenêtres et observent des tâches noirâtres à leur périphérie. Ces menuiseries sont elles affectées d’un vice de fabrication ?
Que ce passe t-il ?

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L’immeuble en copropriété R + 3 abrite plusieurs logements locatifs. La construction est de type traditionnelle avec façades en maçonnerie de parpaings revêtue d’un enduit monocouche à l’extérieur. Les planchers sont en dalles pleines de béton armé. Les menuiseries extérieures sont en profilés de PVC, posées en applique contre le gros œuvre doublé par complexe isolant collé. Le logement concerné est en étage mais n’est pas sous la toiture.

Dès le premier hiver les locataires d’un logement ressentent des courants d’air froid lorsqu’ils s’approchent des fenêtres. Ils ne s’inquiètent pas outre mesure n’ayant pas l’intention de rester là des années mais déplorent tout de même l’inconfort qui en résulte et un surcoût de chauffage qu’ils ne peuvent pas évaluer de manière précise. Puis, les mois passant, des tâches noirâtres apparaissent peu à peu sur le doublage à la périphérie de ces fenêtres. Lassés les locataires déménagent et ces tâches sont constatées par le propriétaire à leur départ, lors de l’état des lieux.
Le diagnostic
• Un simple examen visuel des tâches noirâtres suffisant à expliquer les causes des dommages. Ils prennent leur origine à la jonction entre le bâti dormant des menuiseries et des doublages, et vont en s’allongeant sur ce dernier. Il n’y a aucune trace sur les dormants en PVC eux-mêmes. Toutefois un petit sondage destructif du doublage, contre une menuiserie, permettra à l’expert de confirmer contradictoirement son diagnostic. Ceci pour éviter toute contestation de l’entreprise incriminée.

• L’air extérieur passe entre le gros œuvre et les menuiseries extérieures parce qu’il existe là un défaut d’étanchéité à l’air. L’appartement étant mis en légère dépression par l’installation de ventilation mécanique ces passages d’air sont permanents et non pas limités aux quelques journées de forts vents. Le sondage destructif en doublage confirme que le joint en mousse imprégnée comprimée mis en oeuvre entre la menuiserie extérieure et le gros œuvre présente des discontinuités importantes ; et notamment aux extrémités du rejingot de l’appui de fenêtre. Comme il n’existe pas d’autre joint d’étanchéité sous les fenêtres l’air extérieur passe librement, aspiré par la VMC. La pièce d’appui met ce joint à l’abri de la pluie ce qui explique l’absence d’infiltration d’eau. Le long des montants et traverses des dormants le joint d’étanchéité à l’eau en mastic élastomère assure en même temps l’étanchéité à l’air bien que ce ne soit pas sa fonction première.

• La logique voudrait que l’on procède à la dépose et repose des menuiseries pour reprendre les joints défaillants. Ce qui nécessite des découpes du doublage sur toutes les périphéries des menuiseries, donc poussières et coût relativement conséquent. Et les raccords de doublage seront certainement perceptibles ensuite. Dans la pratique on effectue une série de petits trous en doublage tout autour des menuiseries concernées et on y injecte un peu de mousse de polyuréthane expansive. Travail à faire avec doigté afin de ne pas provoquer de désordre en doublage, mais en assurant la parfaite continuité du traitement. Il faut ensuite refaire les peintures ou les papier peints.
Le conseil qualité
• Pour éviter que ce désordre ne se produise il fallait disposer un joint en mousse imprégnée et compressible sur toute la périphérie de la menuiserie en veillant à sa parfaite continuité et notamment sur le rejingot. Ce joint n’est efficace que s’il se trouve comprimé contre le gros œuvre par la menuiserie. Si la menuiserie venait à se déformer légèrement ce joint reprendrait du volume et assurerait la permanence de l’étanchéité à l’air. Il est important de veiller à la parfaite continuité de ce joint dans les angles et surtout entre rejingot et face arrière du gros œuvre. Ceci peut nécessiter un petit bourrage préalable de mortier si l’appui de fenêtre ne comporte pas "d’oreilles" latérales en retour du rejingot.

• Il faut respecter le CPT Menuiseries en PVC faisant l’objet d’un Avis Technique conditions générales de mise en oeuvre en travaux neufs et sur existants (Cahier CSTB n° 3521 de juillet 2005) et plus particulièrement son chapitre 7 et l’article 7.3.2. La bonne réalisation des joints entre gros œuvre et menuiseries extérieures est essentielle pour assurer le confort des occupants et maîtriser les dépenses de chauffage. La règlementation thermique devenant de plus en plus exigeante l’étanchéité à l’air des constructions doit être particulièrement soignée. A terme elle fera l’objet de contrôle en cours de chantier et à l’achèvement du chantier. Il est donc vivement recommandé de prendre les bonnes habitudes dès maintenant.


L'expert conseil P. Beaunier