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Accueil /Prévention /Pratique : les fiches techniques
Fiches techniques
La fin des désordres des enduits extérieurs en plâtre ?
Conséquence des nombreux déboires observés sur les façades en plâtre, un arsenal réglementaire complet et adapté visant la réalisation des enduits au plâtre dits "parisiens" s'est progressivement mis en place. Panorama de ce dispositif.
Une recette de fabrication retrouvée
Comment reconnaître un enduit conforme à la norme
Un passage obligé : diagnostiquer l'existant
Les règles du savoir-faire
En conclusion
1666 : un incendie ravage Londres. Un grand nombre d'immeubles étant construits en pans de bois, le feu se propage rapidement à toute la ville. Pour éviter une telle catastrophe à Paris, Louis XIV ordonne de faire revêtir les façades des immeubles d'un enduit en plâtre, matériau résistant bien au feu.

Traditionnellement, ces enduits étaient fabriqués sur chantier avec un mortier composé de plâtre additionné de chaux éteinte et de sable.

Cette pratique a évolué et la mise en peinture de ce type de support, tout comme certaines reprises anarchiques, notamment en mortiers de ciment, ont eu des effets dévastateurs : les tensions différentielles entre ciment / plâtre / peinture ont entraîné des fissurations, des décollements ou cloquages des peintures, et même le pourrissement des bois dû à l'humidité.

L'application de peinture de ravalement acryliques ou copolymères est un facteur d'aggravation du fait du non respect des temps de séchage très longs des plâtres frais.

Par ailleurs, ayant totalement perdu leur savoir-faire traditionnel dans ce domaine, les entreprises se sont mises à utiliser des plâtres fins, identiques à ceux employés à l' intérieur, très sensibles à l'eau et donc inaptes à résister aux intempéries ou à la migration de la vapeur d'eau en provenance des logements.
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> Consulter les fiches pathologie et illustration traitant du thème "Enveloppe et revêtements extérieurs de façade"
Une recette de fabrication retrouvée
Le secret de la durabilité des anciens enduits au plâtre tient à leur composition. Contrairement à la chaux hydraulique venue plus tard, la chaux éteinte est une chaux aérienne ; elle a donc besoin du gaz carbonique de l'air pour durcir (ou "faire sa prise").
Le sable aide à ce durcissement progressif, d'où le mélange des trois éléments donnant de bonnes caractéristiques de résistance.

Le DTU 26.1 précise la composition de l'enduit :

- 3 volumes de plâtre gros ;
- 2 volumes de sable ;
- 1 volume de chaux aérienne ;
- 2,5 volumes d'eau.

Les industriels ont mis sur le marché des produits prêts à l'emploi, les MPC (mortiers plâtre et chaux), qui doivent avoir une composition conforme à celle définie dans le DTU/norme. Le plâtre gros doit être sans adjuvants tels que retardateurs de prise ou autres, dont les effets peuvent être négatifs sur la carbonatation du mortier. Par ailleurs, les sables qui les composent doivent être lavés et dépourvus de fines.

En principe, ces enduits "à l'ancienne" ne sont pas destinés à être peints lorsqu'il s'agit d'une reprise totale, cas relativement rare. Dans le cadre d'une réfection de façades en service, l'emploi de peintures ou de revêtements de base de polymères peut être envisagé, sous réserve de se conformer strictement aux règles professionnelles de juin 1997.
Comment reconnaître un enduit conforme à la norme
Il existe un système simple pour reconnaître un mortier au plâtre et chaux avec sable ou seulement un plâtre gros : si un échantillon a tendance à flotter dans l'eau, c'est du plâtre gros pur. Un mortier avec de bonnes quantités de sable ne flotte pas et se trouve être plus dur.

En expertise, on peut également faire le test dit "de la clef" qui consiste à enfoncer un objet pointu dans l'épaisseur d'enduit. Si cet objet pénètre facilement, le dosage est probablement défectueux.

La méthode la plus scientifique demeure, bien entendu, les analyses de laboratoire.
Un passage obligé : diagnostiquer l'existant
Outre les définitions normalisées des différents produits rencontrés, ces règles insistent sur la reconnaissance préalable du revêtement organique existant, peinture ou RPE dans la plupart des cas.

Cet examen doit être fait par un professionnel indépendant, choisi par le maître d'ouvrage sur la base de trois critères caractérisant le revêtement existant : 1. l'aspect, 2. l'adhérence, 3. la sensibilité à l'eau.

En fonction du résultat, on décidera soit de décaper, soit de conserver le revêtement existant. On choisira également le revêtement à appliquer : I1 lorsque le revêtement organique en place peut être conservé et lorsque son épaisseur est supérieur à trois 10ème de millimètre, I3 ou I4 dans tous les autres cas.

Il est également bien précisé que le système retenu doit être apte à un usage sur support plâtre : information contenue dans le cahier des charges du fabricant. Il est ainsi tenu compte des variations dimensionnelles importantes des enduits en mortier de plâtre, ceci sous les effets des chocs thermiques, ou encore de la formation de condensations superficielles ou internes, autant de facteurs donnant lieu à d'inévitables contraintes qu'un enduit pelliculaire de type I1 ou I2 ne peut pas absorber.

Les règles professionnelles insistent également sur les points singuliers, notamment la protection des enduits par des ouvrages métalliques annexes.

Leur respect devrait permettre une nette diminution de la sinistralité dans ce domaine.
Les règles du savoir-faire
- DTU 26.1 (Norme Française NF P 15-201-2), mai 1990. Enduits aux mortiers de ciments, de chaux et de mélange plâtre et chaux aérienne.

- DTU 59.1 (Norme Française NF P 74.201), octobre 1994. Travaux de peintures des bâtiments.

- DTU 59.2 (Norme Française NF P 74.202), mai 1993. Revêtements plastiques épais sur béton et enduits à base de liants hydrauliques.

- DTU 42.1 (Norme Française NF P 84.404 et 84.405), septembre 1993. Réfection des façades en service par revêtement d'imperméabilité à base de polymères.

- Règles professionnelles pour la réfection de façades en mortier de plâtres "type parisien" par revêtement d'imperméabilité à base de polymères (juin 1997) éditées par le SNJF et le UNPVF.
En conclusion
Exécuter un ouvrage exempt de désordre, c'est respecter quelques règles simples, et soigner les points singuliers, en particulier :

- éviter les rejaillissements d'eau au moyen d'accessoires tels que bavettes en zinc, ou solins sur relief ;

- empêcher les remontées capillaires ;

- recouper les façades par bandeaux, corniches, pour éloigner les eaux de ruissellement ;

- appliquer l'enduit sur un mur sein et sec ;

- respecter les temps de séchage du plâtre (plusieurs semaines) avant toute mise en peinture.