Structure bois : les dommages causés par les termites souterrains
Peu de régions en France sont aujourd'hui épargnées par le phénomène termite. Tous les types de constructions sont exposés à ce fléau. Il existe, heureusement, des techniques efficaces de protection.
Plus de cinquante départements concernés aujourd'hui contre 16 en 1953 de toute évidence les termites se complaisent dans nos contrées.
Ils aiment chaleur et humidité, mais craignent la lumière. Ils se nourrissent principalement de la cellulose contenue dans le bois, mais aussi les papiers, cartons, textiles. Le climat artificiel de nos villes leur convient : chauffage interurbain, isolation des bâtiments sont autant de facteurs favorables à leur développement.
Les termites, faut-il le rappeler, arrivent par le sol. Un diagnostic termite du terrain s'impose donc avant toute construction neuve en zone à risque. La responsabilité des constructeurs peut être recherchée à ce titre.
Des mesures réglementaires (énergiques) nécessaires
Notre habitat se compose en grande partie de matériaux en bois : charpente, menuiseries, etc. Son infestation par les termites est un réel danger, d'autant que cet insecte, lucifuge, ne se montre pas, et creuse ses galeries à l'intérieur des matériaux eux-mêmes.
Depuis plusieurs années déjà, les départements et les communes les plus touchés avaient pris des arrêtés obligeant à déclaration préalable à toute vente d'un bien immobilier, et traitement préventif du sol avant toute construction neuve. La loi du 8 juin 1999 étend ces obligations à l'ensemble des régions.
La loi dite "Loi termite"
L'occupant d'un immeuble contaminé doit en faire la déclaration à la mairie dès qu'il en a connaissance.
L'identification de plusieurs contaminations entraîne une délimitation de zones contaminées elles-mêmes recensées par arrêté préfectoral.
Dans les zones infestées :
S'il y a démolition totale ou partielle de bâtiment : obligation d'incinérer ou de traiter les bois et matériaux contaminés ;
En cas de vente d'un immeuble bâti situé dans ces zones la clause d'exonération de garantie pour vice caché n'est valable qu'à condition qu'un état parasitaire soit annexé à l'acte de vente (état de moins de trois mois à la date de l'acte authentique) ;
L'état parasitaire doit être établi par un expert exerçant l'activité de diagnostic de la présence de termites à l'exclusion de toute autre activité de traitement ;
Le maire peut enjoindre les propriétaires d'immeubles de procéder, dans les six mois, à la recherche de termites ainsi qu'aux travaux préventifs et d'éradication nécessaires.;
* n° 99 471 du 8 juin 1999 - décret d'application du 5 juillet 2000.
Les spécialistes
Les experts en états parasitaires
Ils doivent avoir des connaissances affirmées relatives à la biologie des pathologies du bois dans la construction, connaître la méthodologie de détection de ces pathologies et savoir rédiger le constat de l'état parasitaire.
Les experts de l'AFPB (Association française pour la préservation du bois) et les experts en états parasitaires certifiés par le CTBA sont seuls habilités à établir des diagnostics.
Les entreprises pour les traitements curatifs et préventifs
Une certification de service : la marque CTB A +, garantit le suivi des prescriptions techniques pour le traitement curatif et préventif (insectes et champignons) des ouvrages bâtis et de leur environnement immédiat pour les bois en œuvre et autres matériaux.
Côté QUALIBAT, les entreprises doivent posséder une qualification spécifique 1523 de niveau 3 (traitement curatif contre les termites).
La pathologie ne concerne pas seulement le bâti ancien mais atteint de plus en plus les constructions récentes
Dans les villes ou départements où existait un arrêté avant la parution de la loi, malgré les traitements préventifs au niveau du sol, des infestations par termites sur des constructions de moins de trois ans ont fait l'objet de déclarations de sinistres et expertises.
Les causes sont essentiellement liées à l'insuffisance de traitement du sol, soit du fait du délavage par les eaux de pluie lors de l'exécution même, soit de l'emploi d'un produit inapproprié ou utilisé à une dose inférieure à la recommandation du fabricant.
La difficulté du diagnostic
Il s'agit d'un travail de spécialiste fondé sur l'observation.
Sur les soubassements maçonnés, dans les caves et les sous-sols, vérifier l'éventuelle présence de cordonnets ;
Sur les revêtements muraux intérieurs, présence de petits trous espacés, sur une même ligne ;
Sondage à l'aide d'une pointe fine de tous les éléments bois situés près du sol et au contact des maçonneries.;
Les traitements
Les traitements curatifs
le traitement en sols
Il est continu, par confection d'une tranchée et épandage d'un produit insecticide le long des parois et en fond. Il peut également consister en la confection de trous sur tout le périmètre et l'injection du produit. À l'intérieur, on effectue des injections qui sont réparties le long des fondations des murs de refend, murs périmétriques, sous plancher.
le traitement des murs
Un insecticide est injecté par l'intermédiaire de trous préalablement forés dans la maçonnerie. Aujourd'hui, les produits utilisés sont moins agressifs pour l'environnement. En contrepartie, ils n'ont qu'une durabilité de l'ordre de 5 ans, ce qui nécessite un entretien régulier de la barrière chimique.
le traitement des bois
Des opérations tout d'abord mécaniques telles que le buchage (élimination du bois vermoulu), le brossage (élimination de la vermoulure dans les cavités intérieures mises à jour), suivies de la mise en place de chevilles spéciales, et injection de produits insecticides dans le bois. Traitement de pulvérisation en surface.
Les traitement préventifs
Le plus courant qui reste le plus efficace : les barrières chimiques par injections ou épandage.
- Traiter le sol, par une barrière chimique continue sur toute la surface en débordant de la future fondation sur au moins 1 m de large.
- Traiter la construction non encore infestée (système des 3 barrières chimiques).
Les méthodes physiques et physico-chimiques
Les boucliers métalliques, les couches de particules granitiques ou le film de polyéthylène basse densité insecticide sont d'autres réponses possibles.
D'autres techniques sont actuellement développées ou à l'étude :
- La technique des appâts : utilisation de pièges (attractifs pour les termites) installés sur le parcours des "ouvriers", les appâts contenant des produits à action lente. Les ouvriers contaminent petit à petit l'ensemble de la colonie par simple échange d'un insecte à l'autre.
- La lutte biologique : une espèce de ver pourrait pénétrer dans le corps du termite et l'éliminer. De même pour une certaine variété de champignons...
Ces opérations de traitement préventif doivent être laissées à des entreprises ayant reçu une certification ou une qualification
Rappelons également que si les bois de construction sont obligatoirement traités insecticides anti-termites avant leur pose, il n'en est pas de même pour les autres matériaux. D'où l'importance du traitement en sols, et de son suivi par un contrat d'entretien adéquat (la pérennité des produits est de seulement 5 ans).