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Accueil /Prévention /Pratique : les fiches techniques
Fiches techniques
L'assainissement autonome
Le traitement des eaux domestiques peut être à l'origine de bien des déconvenues. Le projet d'assainissement dépend en grande partie de la nature du milieu de rejet. Une étude au cas par cas s'impose.
La multiplication des filières d'assainissement
Une réglementation en pleine évolution
Des techniques sécurisées
Des sinistres fréquents
Les précautions à prendre
Le rôle essentiel des bureaux d'études
En conclusion
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> Consulter les fiches pathologie et illustration traitant du thème "fondation et infrastructure"
La multiplication des filières d'assainissement
Le respect de l'environnement est aujourd'hui une préoccupation de l'ensemble de la population et le secteur de la construction n'échappe pas à la règle. Nombre de lois et décrets en témoignent. Ainsi, la loi sur l'eau, parue en janvier 1992 : "l'eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d'intérêt général".

Dans l'habitat, l'eau suit un cycle non naturel, façonné par l'homme, qui ponctionne de l'eau dans des réserves naturelles pour la rejeter ensuite dans le milieu naturel. Pour préserver l'environnement, il est donc essentielque l'eau rejetée, d'une part, ne pollue pas l'environnement et, d'autre part, puisse retourner à ces réserves naturelles pour être réemployée.

L'épuration des eaux usées est un maillon essentiel de cette chaîne. Elle peut être réalisée de deux façons : la connexion à un réseau collectif ou la mise en œuvre d'une filière individuelle d'assainissement. Il est évident que la première solution est de loin la meilleure pour l'environnement. Mais, en secteur rural, la mise en place d'un réseau collectif n'est pas toujours possible pour des motifs économiques. On assiste donc actuellement à la multiplication des filières d'assainissement autonome et des mises en conformité de filières existantes.
Une réglementation en pleine évolution
Depuis le 25 mai 1991, une directive européenne rend obligatoire l'assainissement des eaux vannes avant le 31 décembre 2005.

C'est pour répondre à cette exigence que la loi sur l'eau est venue renforcer l'arrêté du 3 mars 1982, modifié par l'arrêté du 14 septembre 1983 et la circulaire d'application du 20 août 1984. Ces trois textes fixaient les règles de construction et d'installation des systèmes d'assainissement autonome, ainsi que leurs modalités d'application.

Depuis 1992, la loi sur l'eau oblige notamment les communes à prendre en charge les contrôles des assainissements non collectifs.

L'arrêté du 6 mai 1996 et la circulaire du 22 mai 1997 ont abrogé l'arrêté du 3 mars 1982 et fixé le cadre des contrôles obligatoires par les communes.

En août 1998, le DTU 64.1 de décembre 1992 a été complètement refondu avec, notamment, la suppression du filtre à sable horizontal, qui s'était révélé très peu efficace. Le DTU 64.1 est devenu la norme expérimentale XP P-16-603.
Des techniques sécurisées
Une filière d'assainissement autonome c'est tout d'abord un réseau de canalisations et collecteurs qui amènent les effluents à la fosse "toutes eaux", destinée à recevoir les eaux vannes et les eaux ménagères.

Les graisses et les matières en suspension sont alors extraites. Ce pré-traitement permet d'obtenir des eaux liquéfiées et "clarifiées", prêtes à être épurées.

Intervient alors l'épandage. Grâce au filtrage par le sol, les eaux sont débarrassées des germes pathogènes, les- quels sont détruits par des bactéries épuratrices, naturellement présentes dans le sol. Plusieurs techniques sont possibles : épandage par tranchées filtrantes à faible profondeur, filtre à sable vertical, tertres filtrants... Ensuite, il faut évacuer les eaux traitées, soit dans le sol par infiltration, soit vers un exutoire.

Chaque filière est adaptée aux caractéristiques du sol et à la configuration du terrain.
Des sinistres fréquents
Deux types principaux de manifestations amènent l'occupant de la maison à réclamer et à effectuer une déclaration de sinistre :

  • des odeurs nauséabondes émanant de la fosse septique.
    Elles proviennent d'une accumulation, dans la fosse, d'hydrogène sulfuré (H2S), gaz à l'odeur d'oeuf pourri, qui a la faculté d'attaquer les fosses en béton et plus par ticulièrement les tampons. Ces émanations sont dues à une ventilation défectueuse ou à une absence totale de ventilation. Pour un bon fonctionnement,il est indispensable d'installer, en sortie de fosse, un système de ventilation efficace, débouchant au-dessus du toit de la maison ;
  • une mauvaise évacuation des eaux usées, qui oblige à vider la fosse fréquemment. Ce problème peut être dû à une mauvaise conception ou à une mise en oeuvre défectueuse de la filière, voire aux deux en même temps. Bien souvent, le terrain alentour est gorgé d'eau (d'où une recrudescence des déclarations de sinistre, en hiver, par temps de pluie), la fosse déborde et des effluents remontent dans la maison.
  • Les précautions à prendre
    Le système d'assainissement doit être considéré comme un ouvrage à part entière et non comme des travaux accessoires. Le respect du DTU 64.1 s'impose. La ventilation doit être parfaitement exécutée, la fosse bien calée, les pentes des canalisations suffisantes. Il ne faut 1 pas oublier de mettre des regards de visite et de répartition. L'épandage ne doit pas être exécuté avec n'importe quel matériau (les drains agricoles sont à proscrire).

    Même si elle a été parfaitement mise en oeuvre, une filière mal adaptée au sol peut être à l'origine d'un mauvais fonctionnement du système. Les tranchées filtrantes à faible profondeur sont le plus souvent employées, mais elles nécessitent un sol d'une perméabilité optimale afin d'épurer les eaux et de pouvoir les évacuer. Ces deux conditions sont antagonistes. En effet, pour être épurées les eaux doivent être filtrées et ne pas s'infiltrer trop rapidement, mais, simultanément, elles doivent être évacuées en continu pour ne pas saturer le terrain. Si le sol ne convient pas pour des tranchées à faible profondeur, il faut envisager l'épuration dans un terrain reconstitué, soit travers un filtre à sable vertical, soit à travers un tertre filtrant.

    L'autorisation d'installation d'une filière d'assainissement autonome est maintenant du ressort des communes, qui ont une obligation de contrôle avant remblaiement des terres. N'ayant pas toujours les compétences techniques pour mener à bien ces missions, les communes ont la possibilité de faire appel à la DDE, à la DDASS ou à un organisme extérieur. Malheureusement, elles n'ont pas toujours conscience de l'enjeu économique et écologique de ces demandes.
    Le rôle essentiel des bureaux d'études
    Aujourd'hui, des bureaux d'études spécialisés dans l'assainissement autonome proposent une étude adaptée au site, dont le coût est modique, eu égard aux avantages que l'on peut en retirer. On ne peut qu'encourager l'ensemble des intervenants et, en particulier, les maîtres d'oeuvre, au moment de la construction, ou l'expert, à la suite d'un sinistre, à recourir à leurs services.

    Outre le recueil des données générales (topographie, hydrographie, géologie, surface et pente de la parcelle, nombre d'ha bitants dans le logement...), les études de faisabilité d'installation de filières d'assainissement individuel comportent nécessairement des sondages pédologiques réalisés à la tarière à main, à une profondeur d'environ 1,20 m, complétés par un test de percolation.

    L'analyse des sols prend en compte :

  • l'hydromorphie.
    Elle indique la profondeur d'apparition des tâches d'oxydation et de réduction. Son intensité est graduée de rare à faible(10 %), puis moyenne (inférieure à 50 %) et élevée (supérieure à 50 %) ;
  • la texture.
    Elle est déterminée suivant des critères granulométriques : sableuse, sablo-limoneuse, limoneuse, sablo-argileuse, argileuse ;
  • la charge en cailloux, indiquée si elle est supérieure à15 % ;
  • la perméabilité du sol.
    Cette mesure essentielle est effectuéeselon la méthode du niveau constant ou méthode Porchet, qui permet dedéterminer, pour le sol, quatre niveaux de perméabilité (de faible à grande).

    Selon les informations générales recueillies et le résultat des essais de percolation, le bureau d'études préconisera une filière et la dimensionnera.

    Il se peut que le terrain soit estimé inapte à recevoir un assainissement autonome individuel.

    Le choix de la filière s'effectue en fonction des contraintes pesant sur le projet, dont les principales sont liées à des surfaces disponibles réduites, des terrains avec pente, une épaisseur de sol meuble faible, une hydromorphie proche de la surface et une perméabilité faible.
  • En conclusion
    Un système d'assainissement autonome est un ouvrage à part entière dans l'habitation. Complexe à concevoir et à réaliser, il présente des risques pour l'environnement.

    La participation d'un bureau d'études spécialisé est indispensable pour la bonne définition d'une filière efficace et respectueuse de l'environnement. Economiquement, elle se justifie pleinement à l'origine du projet, compte tenu, notamment, des sinistres susceptibles de survenir ultérieurement.