Le 20 janvier 2003, les partenaires
sociaux du BTP ont conclu un accord de branche mettant en place un plan
d'épargne salariale interentreprises accessible directement aux 1 300 000
salariés du secteur de la construction : le PEI BTP.
Le 24 novembre 2004, un avenant à cet accord de branche - qui avait également
mis en place un plan d'épargne volontaire sur 10 ans, le PEV-BTP - a transformé
ce dernier en un plan d'épargne retraite collectif : le PERCO BTP dont
l'objectif exclusif est de compléter les retraites de base et complémentaires
des salariés.
Ces contrats qui répondent aux dispositions de la loi Fabius du 19 février
2001, pour le premier, et à la loi du 21 août 2003 portant réforme des
retraites (loi Fillon), pour le second, ont été aménagés pour répondre aux
besoins spécifiques des professionnels du BTP.
Qu'est-ce que l'épargne salariale ? Quels
sont les différents dispositifs existants ?
L'épargne salariale peut être définie comme la possibilité offerte aux salariés
de se constituer, au sein de leur entreprise, une épargne à moyen/long terme
constituée des versements volontaires du salarié, de sa participation, de son
intéressement éventuel et, le cas échéant, des versements de l'entreprise
(abondement). Cette épargne est assortie d'un traitement fiscal avantageux,
tant pour l'entreprise que pour le salarié.
Aujourd'hui, l’épargne salariale recouvre quatre grands dispositifs définis par
le législateur :
La participation, mise en place dès 1967, vise à distribuer aux
salariés une partie des bénéfices réalisés par l'entreprise. Au sein du BTP, un
accord de branche, signé dès 1969, a instauré le régime professionnel de
participation qui simplifie l'adhésion des entreprises. Depuis 1991, la
participation est obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés,
facultative pour les autres.
L'intéressement est un dispositif facultatif qui permet aux
salariés d'être associés financièrement aux performances de l'entreprise, sur
la base de critères à définir comme, par exemple, des objectifs de
productivité. Lorsqu'un accord d'intéressement est instauré, il s'applique
obligatoirement à tous les salariés, pour une durée de trois ans.
Les plans d’épargne entreprise (PEE) ou interentreprises (PEI)
constituent un système d’épargne collectif permettant aux salariés de se
constituer, avec l’aide de leur entreprise, une épargne investie en valeurs
mobilières pendant une durée minimum de 5 ans.
Contrairement au PEE qui ne concerne qu'une seule et même entreprise, le PEI
est un plan d’épargne constitué par des entreprises qui se regroupent, parce
qu'elles sont, par exemple, proches géographiquement ou parce qu’elles exercent
la même activité. Le PEI facilite ainsi la mise en place d’un plan d’épargne
salariale dans les petites et moyennes entreprises.
Le plan d'épargne retraite collectif (PERCO), enfin, est un plan
dont le but exclusif est de constituer une épargne en vue de la retraite. Le
PERCO ne peut être mis en place que dans les entreprises où il existe un plan
d’épargne salariale de type PEE ou PEI.
Quelle que soit la forme du dispositif retenu, l’entreprise a la possibilité
d’abonder les versements volontaires effectués par le salarié, c’est-à-dire de
verser une somme en complément. Cet abondement est limité à 3 fois le versement
du salarié, avec un maximum de 2 300 euros pour un PEE ou un PEI et
4 600 euros pour un PERCO.
Les plafonds d’abondement, qui s’apprécient par année civile, peuvent se
cumuler en cas de versement dans les deux formules.
Quels sont les avantages des plans d'épargne salariale ?
Pour l'entreprise, l'épargne salariale constitue, en premier lieu, un
outil de management social qui permet de motiver et fidéliser les salariés en
place et d'attirer une main-d'oeuvre qualifiée. Elle bénéficie d'une fiscalité
particulièrement favorable : en effet, l'abondement de l'employeur est exonéré
de charges patronales et de la taxe sur les salaires et il est déductible du
bénéfice imposable de l'entreprise.
Pour le salarié, elle permet de se constituer une épargne complémentaire
par capitalisation totalement exonérée de l'impôt sur le revenu (mais soumise
en partie à la CSG/CRDS). De plus, cette épargne peut être abondée par
l'employeur jusqu'à concurrence de 3 fois le montant des versements effectués
par le salarié.
Quelles sont les caractéristiques des plans d’épargne salariale du BTP ?
Les plans d'épargne salariale mis en place au sein de la profession viennent
compléter les divers dispositifs de protection sociale des professionnels de la
construction déjà existants. Deux nouveaux contrats sont désormais disponibles
:
- le PEI-BTP, plan d'épargne à 5 ans répondant aux règles applicables
aux PEI « classiques »,
- le PERCO-BTP, plan collectif d'épargne en vue de la retraite dédié aux
salariés du BTP.
Réservés initialement au personnel des grandes entreprises, les dispositifs
d'épargne salariale s'appliquent désormais à l’ensemble des salariés du BTP,
dès lors qu'ils ont au moins 3 mois d'ancienneté.
Mieux, les dirigeants d’entreprise de 1 à 100 salariés, qu'ils soient salariés
ou TNS, sont également concernés, sous réserve de respecter certaines
conditions (par exemple, les plans étant des systèmes collectifs, ils doivent
concerner tous les salariés, sous réserve des clauses d’ancienneté autorisées).
Les règles d’abondement sont intéressantes, tout particulièrement pour les
salariés disposant de peu de moyens. En effet, si l’entreprise décide de mettre
un système d’abondement en place, l’abondement de l’employeur ne peut être
inférieur à 50% des sommes versées par le salarié, lorsque celles-ci n’excèdent
pas 320 euros par an.
Quelles sont les principales règles de fonctionnement des plans d'épargne
salariale du BTP ?
- Formation du contrat : les entreprises qui adhèrent à l’accord de
branche doivent en informer leur DDTEFP (Direction Départementale du Travail,
de l’Emploi et de la Formation Professionnelle), leurs représentants du
personnel et l’ensemble de leurs salariés.
L’abondement de l’entreprise est facultatif, même après l’adhésion. Ses règles
sont fixées par l’employeur, une fois par an.
- Constitution de l’épargne : les versements du salarié - qui peuvent
être éventuellement abondés par l’employeur - sont investis sur le (ou les)
support(s) d’investissement qu’il aura choisi(s) librement parmi l’éventail des
fonds proposés, du plus sécurisé au plus dynamique. Le salarié peut «arbitrer»
entre ses supports, une fois par an.
- Gestion financière : les sommes versées par l'entreprise et/ou les
salariés sont gérées par GESTION BTP. Un conseil de surveillance décide des
orientations sur l'utilisation et la gestion des fonds. En sa qualité de teneur
de comptes conservateurs de parts, REGARD BTP assume la bonne tenue des comptes
de l'épargne salariale.
- Commercialisation : la commercialisation de ces plans d’épargne
salariale réservés à la profession a été confiée limitativement à GESTION BTP,
PROBTP et à la SMAvie BTP.