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Actualité financière
Marchés financiers : bilan et perspectives
La Fed rassure les investisseurs mais affole les cambistes

Les indices des marchés actions américains ont enregistré des performances historiques au cours du mois de septembre. Le S&P 500 affiche ainsi un gain de 8,8 %, soit sa meilleure performance mensuelle en septembre depuis 1939 ! Ce fort rebond a en partie été soutenu par le retour en force des opérations de fusions acquisitions. Depuis le début de l’année, les opérations de M&A ont atteint 1 600 milliards de dollars dans le monde, avec une accélération de 25 % au seul troisième trimestre ! De plus, les craintes concernant un retour de l’économie en récession (‘double dip’) semblent se dissiper.

Mais c’est surtout la Fed qui a fini de rassurer les investisseurs, en dévoilant sa volonté de soutenir la reprise aussi longtemps que nécessaire, notamment grâce à un second round de ‘Quantitative Easing’ (politique monétaire non conventionnelle). Ces mesures pourraient êtres mises en place dès le mois de novembre et la Reserve Fédérale devrait à nouveau procéder à des achats d’obligations du trésor. Si les actions, et les actifs risqués en général, ont très largement bénéficié des perspectives de soutien de la banque centrale américaine, le dollar a lui, en revanche, été plombé par la perspective de voir la Fed faire marcher la planche à billets.

Début de la guerre des changes ?

La devise européenne a en contre partie flambé en septembre, enregistrant une progression de 7,4 % ! Pourtant, les nouvelles économiques de la zone ne sont pas positives. L’Espagne a perdu son AAA et a vu sa note rétrogradée par l’agence de notation Moody’s à AA1. Compte tenu des faibles perspectives de croissance, le gouvernement espagnol devrait être contraint à renforcer sa politique d’austérité. L’Irlande continue d’inquiéter. Son déficit public devrait atteindre un niveau historique de 32 % du PIB en 2010, en raison du coût du plan de sauvetage bancaire et de la faillite d’Anglo Irish Bank. En Italie, l’endettement public devrait battre un nouveau record en 2010 et s’établir à 118 % du PIB, dans un contexte de croissance atone pour 2011…

Cette appréciation de l’euro trouve son origine dans la volonté d’un certain nombre de pays d’utiliser l’arme des changes pour relancer leur activité. Les États-Unis, malgré leur volonté affichée de maintenir un dollar fort, ont encouragé indirectement l’affaiblissement de leur monnaie (cf. les anticipations d’une reprise de la politique de Quantitative Easing) pour accélérer leurs exportations et soutenir leur croissance. Le Japon, désireux de combattre l’appréciation du yen, est intervenu sur le marché des changes en vendant pour 2 125 milliards de yen (19 milliards d’euros). Enfin, malgré de très fortes tensions politiques sur la question du yuan chinois (les États-Unis envisagent de prendre des mesures permettant au Département du Commerce américain d'imposer des taxes sur certaines importations chinoises pour contrebalancer la sous-évaluation du yuan), le pays reste réfractaire à une réévaluation significative de sa monnaie et continue de contrôler les mouvements de sa devise.

Au total, plusieurs pays se sont engagés dans des mesures non coordonnées de dévaluation compétitive. Cette dérive est dangereuse et risque de dégénérer en guerre des changes, comme l’a exprimé publiquement le ministre des finances brésilien Guido Mantega. Un tel cas de figure serait préjudiciable à l’économie mondiale dans son ensemble, et plus particulièrement à la zone Euro qui n’intervient pas pour influencer l’évolution du cours de sa devise. Le principal bénéficiaire de ce désordre monétaire est actuellement l’or, il progresse ainsi de 5 % ; l’once vaut désormais 1 308,50 $.

Les marchés actions retrouvent des couleurs

Outre le marché américain, c’est l’ensemble des places boursières qui réalise des performances nettement positives : CAC 40 +6,43 %, Eurostoxx 50 +4,76 %, MSCI Marchés Émergents +7,49 %, et Nikkei 225 +6,18 %.

Dans leur sillage, les spreads des obligations privées se sont réduits. Pour la catégorie spéculative : - 66 points de base aux États-Unis, - 92 points de base en zone Euro. Pour la catégorie investissement : - 10 points de base au États-Unis et -7 points de base en zone Euro. Concernant les obligations d’état, les taux 10 ans se sont légèrement tendus, + 0,05 points au États-Unis à 2,51 %, et +0,18 points en zone Euro à 2,28 % pour le Bund. Le baril de pétrole a lui aussi profité de la réduction des craintes d’un scénario de rechute, il progresse ainsi de 6,2 % pour s’établir à 80,87 $ au 30 septembre 2010.