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Accueil /Prévention /Pratique : zoom sur un sinistre
Zoom sur un sinistre
Chaînage discontinu = fissures certaines
Des fissures verticales se sont rapidement ouvertes dans les enduits de façade à proximité des angles pignons/façades au niveau des encuvements d’une maison individuelle. Quelle en est l’origine, pouvait-on les éviter ?
Les faits
Les ouvrages réalisés
Les investigations de l'expert
Le diagnostic
Ce qu'il aurait fallu faire
Responsabilité et garantie
Réparations
Conseil de prévention
Les faits
La maison ne présentait pas de désordre de façade lors de la réception des travaux effectuée en présence du constructeur. Dans les mois qui ont suivi le maître d’ouvrage a remarqué l’apparition de très fines fissures verticales en pignons, au droit des encuvements (encuvement (ou garde-grain dans certaine région) : parties supérieures des murs de façades situées au dessus du dernier plancher. Généralement associé à une charpente traditionnelle sur blochets), à la jonction entre les façades et les pignons. Celles-ci se sont sensiblement aggravées dans les années qui ont suivi. Le maître d’ouvrage et sa famille sollicitent une expertise.

Les ouvrages réalisés
La maison comporte des combles aménagés entre des encuvements de maçonnerie. Il y a un sous-sol général. Les fondations sont des semelles de béton. Tous les murs porteurs ont été réalisés en maçonnerie de parpaings creux, de 20cm d’épaisseur en façade. Le constructeur affirme avoir réalisé les chaînages horizontaux et verticaux tels que prescrit par le DTU. Les enduits de façade sont du type projeté monocouche. La charpente est traditionnelle.

Les investigations de l'expert
Le technicien chargé de l’expertise constate que les fissures, sont plus ouvertes en partie haute qu’en partie basse. Elles ne descendent pas plus bas que le niveau du plancher des combles. Aucune infiltration d’eau n’est observée intérieurement derrière les fissures. En sous-sol aucune fissuration n’affecte les murs de maçonnerie.

Les versants de toiture ne présentent pas de déformation perceptible, et les habillages sous toiture ne sont pas fissurés.

Le diagnostic
Les fondations ne sont pas en cause. La localisation et l’allure des fissures sont symptomatiques d’une discontinuité du chaînage horizontal situé en haut des encuvements.

Des sondages destructifs révéleraient que des aciers ont bien été mis en œuvre dans les corniches en rives d’égout mais que ceux–ci n’ont pas été prolongés en pignon pour constituer un ceinturage continu tout autour de la construction.

Les légères poussées horizontales exercées par la charpente peuvent avoir aggravé ou déclenché le phénomène en poussant au vide les encuvements. Aucun harpage façade/pignon ne peut y résister en l’absence de chaînage horizontal continu. Même en l’absence de poussées en provenance de charpente des fissures peuvent apparaître, souvent avec moins d’ampleur, et du seul fait des phénomènes de retrait-dilatation des maçonneries.

Ce qu'il aurait fallu faire
Pour éviter ces fissurations il faut respecter scrupuleusement les Règles de calcul du DTU 20.1 Ouvrages en maçonnerie de petits éléments (norme XP P 10-202-2). Celles-ci imposent la réalisation de chaînages horizontaux dans tous les murs porteurs (façades et refends), au niveau des planchers ainsi qu’en couronnement. Elles précisent que ce chaînage est en béton armé, continu et fermé, et qu’il doit être liaisonné aux chaînages verticaux. La section des aciers à mettre en œuvre est fonction de la nuance de l’acier et est précisé dans le DTU.

En outre, dans les zones à risques sismiques, il faut respecter les règles dites PS MI 89 (NF P 06-014) qui sont plus exigeantes encore.

L’entrée en vigueur imminente des EUROCODE 1 et 2 imposera des dispositions plus sévères et des sections plus importantes.

Responsabilité et garantie


Le constructeur et son sous-traitant maçon sont concernés. L’artisan, bien sur, puisqu’il n’a pas réalisé de chaînage horizontal continu au niveau des encuvements La responsabilité du constructeur qui assume la maîtrise d’œuvre est également impliquée. Il devait d’abord élaborer des préconisations appropriées, des plans de détail, par exemple, et ensuite il devait contrôler en cours de chantier que la mise en œuvre était conforme aux règles de l’art.

Toutefois les assureurs concernés n’accorderont leur garantie que dans la mesure ou le désordr "compromet la solidité de l’ouvrage" (la construction dans sa globalité) où le "rend impropre à sa destination". Selon la gravité des fissures et leur évolution dans le temps la garantie sera ou ne sera pas accordée. Les intervenants à l’Acte de construire risquent donc de n’être pas garantis bien que le désordre soit avéré. En l’absence d’infiltration, ici, il n’y a pas impropriété à la destination.

Réparations
Si la solidité de l’ouvrage est compromise il faudra créer des saignées dans les maçonneries pour ajouter les aciers de chaînage manquant. Cela nécessitera ensuite la reprise des enduits de façade. Le coût de réparation sera donc très important. Le maître d’ouvrage pourrait, en outre, réclamer une indemnité couvrant les préjudices résultant des nuisances attachées aux réparations.

Conseils de prévention
Constructeurs et entrepreneurs se doivent de posséder les DTU 20.1 (norme XP P 10-202-2) et les règles PS MI 89 (NF P 06-014) (en zone sismique), et de les respecter scrupuleusement. En cas de doute ou de difficultés ils ne doivent pas hésiter à solliciter un BET ou un ingénieur conseil. Un désordre, même garanti, coûte de l’argent à son responsable (temps passé, franchise, contre publicité)

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> Consulter la fiche Pathologie du Bâtiment :"Enveloppes et revêtements extérieurs"